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Retour sur la recollection de la Pastorale de la santé

22 mai 2018

Cette année la récollection de la pastorale de la santé a reçu le père Bruno Cazin, médecin hématologue, prêtre et Vicaire général dans le diocèse de Lille auprès de Mgr Laurent Ulrich.

Le thème était « Au commencement est le don ». Nous voulions avec le père Cazin revisiter notre posture du don ….. notre société parlant beaucoup du « Burn-out », le père Pascal Ide n’hésitant pas non plus à titrer son livre : « Le Burnt-out une maladie du don ».

Quelle expérience du don peut-on vivre dans l’épreuve de la maladie et les soins qu’elle engendre ?
Au début c’est un sentiment de révolte, de colère, … la maladie entraine plutôt une expérience de perte, de dépouillement (arrêter le travail ; relations sociales perturbées, parfois problèmes financiers, amis qui nous lâchent….). En même temps, elle peut s’ouvrir à une expérience positive par le soin : des professionnels de santé qui s’investissent, de nouvelles relations qui s’instaurent (bénévoles), des manifestations de bonté, de bienveillance, de tendresse « quand la vie est menacée, les gens sont plus sensibles aux beautés de la vie ».

L’épreuve de la maladie amène une transformation intérieure (différente de la foi), un travail de consentement à la maladie, un « faire avec » par la mise en contact avec notre propre finitude. Chacun le vivant à son rythme. Elle nous oblige à une opération vérité : consentement à la fragilité, accueil de ce que l’on n’a pas souhaité, apprivoisement de l’autre en soi (la maladie). S’ouvre un chemin de vérité avec soi-même, où la fragilité nous fait sentir que nous ne sommes pas grand-chose sans les autres : ma vie que je croyais possédée, je la reçois (pour les chrétiens, donner par Dieu).
L’expérience heureuse conjugue la fragilité et l’émerveillement. La vie, je la reçois c’est un cadeau. Cette expérience nous ouvre donc à la gratitude.

Dans l’expérience de la maladie et du soin, se vit la dimension spirituelle de l’existence « Vinci humilitas » = « l’humilité a vaincu (Jésus).
S’éprouvent aussi des vérités essentielles sur les hommes et leur conditions, …. des fondamentaux de l’anthropologie :
• La vie n’est pas quelque chose que l’on possède mais que l’on reçoit
• Si grande soit l’ambition de l’autonomie, elle ne peut être absolutisée
Nous sommes fondamentalement interdépendants (liés par notre fragilité), nous sommes des êtres de relation
• Notre vie est marquée par la finitude et en même temps en chacun de nous il y a une aspiration, une conviction. Ce qui relève de l’amour ne meurt pas.
Le bien qu’on en tire, transcende le temps, ne peut se réduire à des choses quantifiables. Cela relève de la gratuité primordiale qui fait vivre … en terme théologique : de la grâce.

Chacun d’entre nous a à relever et à rendre grâce de ce qui est beau dans nos vies.

 Et par rapport aux textes bibliques, le père Cazin nous a enseigné :
La rencontre du Christ nous invite à le suivre, à aimer , à donner comme lui : nous sommes disciple d’un dieu qui se donne et qui se reçoit du Père. Mais pour chacun de nous, jusqu’où ?
« Le don : bien des voix nous murmurent : « fais attention, préserves-toi, ne te donne pas corps et âme » Ces voix ne manquent pas y compris en Eglise. En Filigrane il y a crainte de reproduire des modèles surannées de personnes qui ne seraient pas respectées en se donnant à fond … ou qui seraient devenues acariâtres ou insignifiantes en se donnant de trop …. Et pourtant quel bonheur de rencontrer des personnes données, disponibles accueillantes à ceux qu’elle rencontre.En filigrane, la crainte du « Burn-out », maladie du siècle qualifiée de maladie du don par le P Pascal IDE. Ne pas avoir peur de se donner mais être avisé sur les pathologies du don, les pièges du tentateur … « l’enfer pavé de bonnes intentions » , d’où la nécessité de se ressourcer, de vivre du don de Dieu avant de donner. Pascale Ide parle des 3 temps de la valse : recevoir, s’approprier, donner et se donner » »

Nous avons été invités à puiser à la source, à contempler Dieu qui donne et se donne.

Le missionnaire de l’Evangile est donc conscient de porter une bonne nouvelle qu’il a reçu, qui lui a été donnée, qu’il ne peut garder lui.
(1 Co 9, 16) (Mtt 10,8)
On voit bien que le don et la gratuité vont ensemble.
(Mc 8,35) (Mtt 16,25) (Lc 9,24 ; 17,33) (Jn 12,25-26)

Les pièges qui peuvent corrompre le don :
• l’imprudence : c’est donner sans recevoir, donner sans attendre la demande
• l’impureté : lié au besoin de reconnaissance, donner en attente de retour, intérêt, calcul.

Et si le don c’était une histoire de pauvres qui reconnaissent ce qu’ils ont reçu. Tous les jours nous demandons « donnes-nous notre pain de ce jour », cette demande entretient notre lien avec le Père. Nous sommes des mendiants de Dieu. Histoire de pauvres qui connaissent le bonheur de partager en simplicité. « Bienheureux les pauvres de cœur » que le père Cazin a mis en parallèle avec la béatitude méconnue de Jean (Jn 13,17) « Sachant cela, heureux êtes-vous si vous le faîtes ».

La Pastorale de la santé 

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