Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
Document Actions

Décès de l'abbé Marcel BOIS

7 juin 2018

Diocèse de Maurienne
Archidiocèse d’Alger


Monseigneur Philippe BALLOT,
Évêque de Maurienne,
Monseigneur Paul DESFARGES,
Archevêque d’Alger,
les prêtres des diocèses de Savoie et d’Alger,
la communauté paroissiale de Kouba
et ses nombreux amis

vous font part du décès de

M. l’abbé Marcel BOIS

survenu à Alger le 5 juin 2018
dans sa 94° année et la 69° de son sacerdoce.

Prêtre de l’Institut des Pères Blancs,
puis du diocèse de Maurienne,
il a servi ses frères en France,
en Tunisie, au Liban et en Algérie
Comme prêtre enseignant, linguiste et traducteur.

Ses funérailles seront célébrées
le jeudi 7 juin 2018 à Alger,
suivies de son inhumation au cimetière de Belfort-El Harrach.

« Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit » (Actes, 2,4)

Biographie :

Marcel BOIS est né le 7 avril 1925 à Saint-Martin-La-Porte, petite paroisse du diocèse de Maurienne, fils de Joseph-Eugène BOIS et Marie CHAUMAZ. Il a été baptisé en l’église de cette paroisse le surlendemain, 9 avril à dix heures du matin par l’abbé Laurent BURDIN, curé. Il a reçu au baptême le prénom d’Hilaire, mais son nom d’usage était, pour tous, Marcel. A douze ans en 1937, il entre au petit-séminaire de Saint-Jean-de-Maurienne, où il fut un élève très brillant jusqu’en 1942. A l’âge de 17 ans, en 1942, il donnait déjà un cours pour une année comme professeur au petit-séminaire.
L’année suivante, il quittera le diocèse de Maurienne pour commencer ses études cléricales dans la Congrégation des Missionnaires d’Afrique, les « Pères Blancs », en 1943. C’était en pleine guerre. Il tenait à préciser que c’était un choix personnel et intime. Après sept années d’études théologiques, il est ordonné prêtre à Carthage en Tunisie, le premier février 1950. Le Père Marcel nous rappelait en 2017, sur le trajet pour Lyon où il prenait l’avion pour Alger à la fin d’un séjour en France, que le Père Félix EXCOFFIER, curé de Saint-Martin La Porte, était venu à Carthage pour assister à son ordination en 1950.
De 1950 à 1953, il rejoignit à la demande de ses supérieurs les facultés catholiques de Strasbourg où il poursuivit des études universitaires de lettres classiques. En 1954, il commencera à enseigner dans sa Congrégation, au petit-séminaire des Pères-Blancs de Bonnelles en région parisienne. C’est de là qu’en 1958, il partit pour Tunis afin d’étudier la langue arabe pendant deux années, à l’Institut Supérieur d’études arabes et islamiques, transféré depuis à Rome. En 1960, il rejoindra le petit-séminaire Grec-Melkite de Rayak au Liban, où il fut à la fois enseignant et étudiant en langue arabe. Il rappelait souvent que c’est dans ce pays, au contact des gens et des discussions, qu’il a appris à aimer la langue arabe.
En 1961 il arrive à Alger, avec la charge de s’occuper de la revue de presse « Maghreb-Proche-Orient ». Arrivé le 1er juillet, il évoquait parfois le contexte très dur de cette période, dont il rappelait qu’elle fut « marquée par les exactions de l’OAS ». Il poursuivra ses études de lettres arabes à l’université d’Alger jusqu’en 1968, et soutiendra sa licence à Alger et Aix En Provence.
Entré dans la carrière d’enseignant en 1962 à l’invitation d’un proviseur du lycée Ben Aknoun qui cherchait des enseignants pour les examens du bac, alors que l’activité scolaire était paralysée, il devint donc à nouveau professeur. En 1963, il enseigne la traduction au lycée Amara Rachid, avant de devenir professeur à plein temps au Lycée El-Mokrani d’Alger, de 1969 à 1985, où il assurait le cours de français. Avec son ami Benhedouga, il donnera des conférences à Annecy en France, où encore à l’université de Louvain en Belgique. Le rapprochement des peuples et des cultures, l’effort intellectuel et la construction de la paix étaient pour lui une passion qui le faisait vivre.
Le 1er décembre 1982, il présenta à Monseigneur André BONTEMS, évêque de Maurienne, une demande d’incardination. L’évêque rendit un avis favorable le 17 avril 1983, qui fut bientôt suivi par la dispense du serment perpétuel émis par Marcel dans la Congrégation des Missionnaires d’Afrique le 29 juin 1949. C’est le Supérieur Provincial, le Père Jean CHEVILLARD, qui consentit à ce changement, le 2 avril 1983. Le Père Marcel devenait donc, à la Pentecôte 1983, prêtre de Maurienne en Algérie, Fidei donum.
Une grande part de la vie de Marcel BOIS fut consacrée aux lettres arabes, et en particulier à la traduction d’ouvrages très nombreux de l’arabe au français. Ce furent les œuvres d’auteurs algériens : Benhedouga, Tahar Ouettar, Brahim Saadi, Waciny Laredj, entre autres. Très souvent, arrivant en avoie pour l’été, il offrait à ses confrères et à ses amis un ouvrage traduit dans l’année ! Le travail de linguiste, professeur et traducteur du Père Marcel BOIS a constitué une véritable passerelle entre les langues et les cultures, comme le soulignait en 2007 un journaliste algérien qui lui consacrait un article dans le journal El Watan. Nous l’avons parfois entendu répéter cette phrase qui le caractérisait bien : « Pour un véritable intellectuel, la culture est toujours un bien relatif. C’est l’inculture qui est un mal absolu ».
Interrogé sur son choix de demeurer en Algérie lors des années difficiles où le danger était permanent, il se contenta de répondre « Il était malvenu de partir. C’était presque naturel de rester malgré tous les périls. Et puis ce serait indécent de quitter un pays qui m’a accueilli à bras ouverts et où je vis pleinement depuis un demi-siècle (…) Rester c’est mourir un peu, partir c’est mourir beaucoup, je préfère rester et mourir un peu » !
Le Père Marcel BOIS, depuis quelques années, revenait chaque été séjourner en France dans son diocèse d’origine. C’était pour lui l’occasion de longs périples à travers la France, pour y retrouver ses nombreux amis les plus fidèles, connus au fil de sa longue carrière d’universitaire et de prêtre. Certains ont eu la chance, ces dernières années, de lui rendre visite à Alger, où il exerçait aussi un ministère en paroisse. Il profitait de ses séjours en France pour recevoir les soins médicaux dont il avait besoin. Lors de son dernier séjour, devant sa hâte de repartir pour l’Algérie alors que chacun sentait sa santé décliner, ses proches et amis ont compris qu’il souhaitait repartir « chez lui », pour y terminer ses jours si Dieu le lui permettait.
Victime d’un sévère AVC et d’une chute qui a occasionné une fracture à la mi-mai 2018, il fut hospitalisé en clinique à Alger. Il a été soigné et suivi dans une structure pour les Pères âgés de ce diocèse, en particulier par le Père Maurice PILLOUD, infirmier, et des auxiliaires de vie. Monseigneur l’évêque d’Alger nous a avertis le 4 juin de l’aggravation de son état de santé. C’est le lendemain, 5 juin 2018, que notre frère et ami Marcel nous a quittés pour la Maison du Père. Après ses funérailles qui seront célébrées le 7 juin 2018 à Alger, en la chapelle de la maison diocésaine, il sera inhumé au cimetière de Belfort dans ce diocèse, en cette terre d’Algérie devenue la sienne, où il comptait un grand nombre d’amis.

 

<< Go back to list